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La location de vêtements, progrès ou mirage écolo ?

Photo : Astrid Stawiarz

Réduction d'émissions de CO₂
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Le marché de la location de vêtements en ligne connaît une progression fulgurante, avec une croissance annuelle prévue entre 7 % et 10,5 % jusqu’en 2029. 

Ce secteur pourrait même atteindre une valorisation de 11 milliards de dollars d’ici 2035, porté par des plateformes comme Rent the Runway ou Le Closet, mais aussi par des marques de luxe accessible telles que Sandro et Maje. 

Si l’idée de partager son dressing semble séduisante pour la planète, une analyse plus approfondie montre que la réalité est nuancée.

Un bénéfice réel pour l'occasionnel

La location est utile pour les vêtements peu portés, réduisant les émissions de 21 à 75 %.

Transport et logistique augmentent l’empreinte carbone, surtout avec les allers-retours et l’avion.

Le polyester recyclé rejette jusqu’à 55 % de microplastiques de plus que le neuf.

Acheter des vêtements robustes et les porter 50 à 100 fois reste la solution la plus écologique.

Le principal avantage écologique de la location réside dans ce que l’on appelle le « taux de déplacement », c’est-à-dire la capacité d’une location à éviter l’achat d’un vêtement neuf. Pour les articles que nous portons rarement, comme les robes de soirée, les vêtements de maternité ou les tenues de cérémonie, la location peut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 21 % à 75 %. Dans ce cas précis, l’impact environnemental important de la fabrication est amorti sur des dizaines d’utilisations au lieu de rester au fond d’un placard.

Les coûts cachés : Transport et logistique

Contrairement à un achat classique, la location impose un « double trajet » permanent : le vêtement doit être envoyé au client, puis retourné à l’entrepôt après chaque usage. Cette logistique inverse augmente considérablement les émissions de CO₂ liées au transport. De plus, pour répondre aux attentes de rapidité des consommateurs, les plateformes utilisent parfois le transport aérien, dont l’empreinte carbone est bien plus élevée que celle de la route ou du rail.

 

Photo : SMCP

Le défi du nettoyage et des microplastiques

L’entretien industriel est un autre point critique car les normes d’hygiène imposent un lavage systématique après chaque port. À titre de comparaison, un vêtement que l’on possède est souvent porté plusieurs fois avant d’être lavé. Ce cycle intensif accélère le rejet de microplastiques dans les océans, notamment pour les fibres synthétiques comme le polyester qui dominent le marché de la location. Un paradoxe important concerne le polyester recyclé : bien qu’il soit présenté comme une solution durable par des marques comme Sandro, une étude de 2025 révèle qu’il rejette 55 % de microplastiques en plus que le polyester neuf, car ses fibres sont plus fragiles et cassantes. 

Le risque de surconsommation déguisée

 L’investigation montre que la location peut parfois encourager des comportements contraires à la sobriété. On observe un phénomène de « moral licensing » (déculpabilisation morale) : en pensant faire un geste écologique par la location, certains consommateurs s’autorisent paradoxalement à acheter plus de mode éphémère par ailleurs. Pour environ 25 % des utilisateurs, la location ne remplace pas leurs achats, mais s’y ajoute, transformant la mode en un simple divertissement fondé sur le renouvellement perpétuel.

Photo : Astrid Stawiarz

Verdict : Location ou Qualité-Durée ?

En résumé, pour votre garde-robe de base (jeans, pulls, manteaux), le modèle le plus écologique reste la « Qualité-Durée » : acheter un vêtement robuste en fibres naturelles et le porter 50 à 100 fois.

La location n’est réellement avantageuse que si elle respecte trois conditions :

  1. Elle concerne des articles à faible utilisation (ski, mariages).
  2. Elle utilise des vêtements ultra-résistants capables de supporter de nombreux lavages industriels.
  3. Elle s’accompagne de systèmes de filtration des microplastiques de haute performance dans les blanchisseries.
 

Sans une réduction globale de la production de vêtements, le « dressing partagé » risque de n’être qu’une version plus complexe de la consommation de masse qu’il prétend combattre.

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